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AVANT-PROPOS


Les INSCRIPTIONS DE LA MÉSIE SUPÉRIEURE dont nous présentons aujourd'hui le 1 er volume réuniront dans une édition critique et commentée toutes les inscriptions antiques découvertes sur le territoire de la Mésie Supérieure jusqu'à la mise sous presse des fascicules respectifs. Le cadre chronologique de cette édition dépasse dans les deux sens la durée de la province: les inscriptions s'y échelonnent de l'époque de Tibère à la fin de l'Aniquité, les plus anciennes étant antérieures à la division de la Mésie, en 86, en deux provinces, la Mésie Supérieure et la Mésie Inférieure, tandis que celles de la basse Antiquité se rapportent à une époque où le territoire de la Mésie Supérieure avait été réparti entre quatre provinces, Moesia Superior Margensis, Dacia Ripensis, Dacia Mediterranea et Dardania. Ces inscriptions étant peu nombreuses, on a cru utile de les rassembler dans le même cadre administratif.

La plupart des inscriptions de ce recueil sont connues depuis longtemps par le CIL et, surtout, par les Spomenik de N. Vuliĉ. Un nombre assez grand de monuments épigraphiques ont été mis au jour après la 2 ème guerre mondiale et publiés dans des revues de diffusion restreinte. Les inédits sont rares. Visant à mettre à la disposition des historiens de l'Empire romain la documentation épigraphique de la province présentée et étudiée dans son ensamble, nous avons repris tous ces textes, qu'ils aient été retrouvés ou non. Les inscriptions existantes ont été revues sur pierre, la lecture des autres a été revisée d'après les publications et les copies antérieures, y compris les estampages de l'Academie de Berlin. Nous avons tenu à présenter toutes les inscriptions en reproduction photographique. Pour les textes disparus on a reproduit les fac-similés de la meilleure édition antérieure.

Les INSCRIPTIONS DE LA MÉSIE SUPÉRIEURE paraîtront en six volumes embrassant chacun une ou plusieurs municipalités antiques et les régions adjacentes:

I. Singidunum et le Nord-Ouest de la province
II. Viminacium. Margum
III. Ratiaria. Timacum minus
IV. Naissus. Horreum Margi. Remesiana
V. Ulpiana. Mun(icipum) D.D.
VI. Scupi

Pour des raisons pratiques, la suite de la parution des volumes ne correspondra pas à l'ordre que ceux-ci tiennent dans le Corpus, si bien que la numérotation des inscriptions ne pourra pas être continue pour toute l'édition. Chaque volume aura sa pagination, sa numérotation et ses indices. La publication s'achèvera par des indices portant sur l'ensamble du Corpus.

A l'intérieur des volumes, chaque partie concernant une entité administrative ou une unité géographique comportera une introduction historique dans laquelle son auteur essaiera d'éclairer, mettant en relief l'apport des inscriptions et poussant la recherche aussi loin que possible, les différents aspects de la vie du municipe ou de la région: nom, topographie, institutions, armée, cultes, vie économique, structure ethnique et sociale. Un chapitre à part sera consacré à l'analyse archéologique et paléographique des monuments. Dans l'élaboration des introductions historiques nous avons été guidés par la conviction que l'oeuvre d'édition est inséparable de l'interprétation des documents et que seule une connaissance approfondie de la matière dans son ensamble permet de tirer profit de tous les détails fournis par l'une ou l'autre des inscriptions pour la reconstitution de l'histoire. Ces études diffèrent dans leur structure en raison de la diversité de la matière dont elles traitent; elles portent en outre, inévitablement, la marque des vues et des tempéraments de leurs auteurs; elles risquent de vieillir et d'être dépassées beaucoup plus tôt que le Corpus lui-même. Néanmoins, nous croyons que l'utilité de ces développements l'emportera sur leur précarité. Les introductions ont en plus l'avantage d'alléger, par des renvois, les commentaires des inscriptions qu'en principe nous voudrions détaillés. Dans les corpus proprement dits de chaque unité administrative ou géographique, le classement des inscriptions a été fait conformément aux normes traditionnelles (sacrae, etc.), qui nous ont paru préférables pour une série de plusieures volumes. Les inscriptions grecques, peu nombreuses mais présentes dans presque toutes les localités importantes, trouvent leur place à la fin de chaque groupe.


À LA MÉMOIRE DE NIKOLA VULIĈ (1872 - 1945),

titulaire de la chaire d'histoire ancienne de la Faculté de Philosophie de Belgrade de 1905 à 1938 et fondateur des études épigraphiques en Serbie. Esprit lucide et critique pénétrant, Nikola Vuliĉ fut à la fois un excellent philologue et connaisseur des auteurs ancients et un éminent archéologue et épigraphiste. Dès le début de sa carrière, à une époque où ces disciplines étaient presque inconnues en Serbie, il s'attacha avec ardeur à l'exploration archéologique et fit ouevre de pionnier en recueillant, en Serbie et en Macédonie yougoslave, des centaines et des miliers de monuments antiques, inscriptions, sculptures, reliefs, bronzes et monnaies. Il publia cette abondante documentation de façon critique et sûre, prenant toujours soin de joindre à ses éditions des fac-similés ou des photographies. Les nombreuses références à ses publications et à ses études tout au long de notre Corpus manifestent clairement l'importance de son oeuvre et tout ce que ce Corpus lui doit. Son nom restera indissolublement attaché à l' épigraphie et l'histoire de la Mésie Supérieure.


Belgrade, juin 1975
Fanoula Papazouglou