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110.
Stèle funéraire en marbre, 157
x 75 x 20 cm (hauteur antérieure 200 cm) brisée
en trois fragments et
reconstituée par les soins de Weifert. Le champ
épigraphique est de 56,5
X 67 cm, flanqué de deux colonnes corinthiennes.
En haut, dans un panneau rectangulaire,
bas-relief représentant
le rapt de Corè: Pluton, le sceptre à la main,
tient Corè autour de la
taille; à droite de Pluton, Athéna, le casque sur
la tête, tenant le bouclier
de la main gauche. Dans la partie gauche du champ, Hermès,
derrière laquel
on voit un attelage de deux chevaux.
Sous le pieds d'Hermès, à gauche un serpent
dressé, et à droite,
un panier à fleurs. La bordure séparant cette
représentation du champ
épigraphique est ornée d'une scène de
chasse: à droite un lion, puis un
cerf courant, un arbre près duquel se dresse un homme la
main levée tenant
un couteau et, enfin le cerf trébuchant. Au-dessous du champ
épigraphique,
dans un cadre rectangulaire, bas-relief du rapt d'Europe: Europe sur le
dos d'un taureau. à droite et à gauche les
Dioscures avec un cheval. Aujourd'hui,
seule une partie des Dioscures, à droite, est
conservée, ainsi que le voile
d'Europe.
Découverte vers 1890 ("il y a quelques
années", Brunšmid,
1895) à Kostolac, à une profondeur d'environ 1.5
m. Transportée au gymnase
de Pančevo comme cadeau de Weifert. Conservée au
Musée de Pančevo, exposée.
J. Brunšmid, Viestnik HAD,
1, 1895, p. 8, avec phot.
pl. I (AE, 1901, nº 206); CIL,
III, 12659 (Dessau, ILS,
7173). Cf. Domaszewski, Rangordnung,
p. 34 et note 1, sur la datation; Cichorius, RE,
IV, 1901,
col. 242; A. Hekler, Jahresh., 15, 1912, p. 184,
fig. 123, avec
un court commentaire du bas-relief; Devijver, Prosop. mil eq.,
II, 1977, p. 831, nº 38. Révisé.
Lettres de 4,5 à 3,2 cm. Lettre de
taille réduite: 5 T à
la fin. Ligature: 5 RI (Britt). Points de séparation entre
certains mots.
1 D M Brunšmid, omis dans CIL
4 dec(urio) m(unicipii)
A(elii) V(iminacii) Brunšmid, Dessau; dec(urio)
m(unicipii) a(gens) v(ices) praef(ecti)
Mommsen, ad CIL, III, 12659 5 coh(ors)
I Aq(uitanorom) vet(erana)
Brunšmid, CIL; Coh(ors) I
Aquet(anorum)
(!) Cichorius, Devijver — cette lecture est plus probable,
car il n'y
a pas de point de séparation entre AQ et VET qui
sépare les autres mots
de l'inscription; O avec barre transversale,
abréviation
d'obiit (comme B avec barre transversale pour
beneficiarius, cf. Wilmanns, Exempla inscr. lat.,
1873, p. 158:
"Mommsen tamen originem credit esse O cum hasta transversa et
significare
obiit ") appelée theta
nigrum,
signe désignant sur les listes les soldats morts, en usage
depuis l'époque
de Trajan jusqu'à la fin du II e
siècle (cf. G. R. Watson,
JRS, 42, 1952, p. 52 sqq.; J. F. Gilliam, Hommage
L.
Heurgon, 1960, p. 408 sqq.).
La carrière de Valerius Speratus qui,
de béneficiaire de
la légion VII Claudia et de
décurion du municipe de Viminacium, atteignit
le poste de praefectus cohortis est exceptionnelle.
Aussi Mommsen
a-t-il supposé que Valerius Speratus était agens
vices praefecti
et c'est ainsi qu'il a restitué les sigles A. V.
à la 1. 4. Domaszewski,
Rangordnung,
p.
34, note 1, remarqua à juste raison que les lettres A. V.
faisaient partie
du titre du municipe, m(unicipii) A(elii) V(iminacii),
comme dans
beaucoup d'autres inscriptions. L'avancement extraordinaire du rang de
beneficiarius à celui de praefectus
cohortis
est classé par Domaszewski parmi les examples de
l'époque de Septime Sévère
(cf. un avancement semblable vers la
militia equestris dans CIL, III, 3237
de l'année
212, et CIL , VIII, 4800, du temps de Gallien;
Dessau, ILS,
8847). Brunšmid situait l'inscription à
l'époque d'Hadrien, en expliquant
cet avancement comme une marque de faveur de l'empereur (p. 9).
Sur Valerius Speratus, cf. Mócsy, Moesia
Superior,
p. 162, et E. Birley, Ep. Studien, 8, 1969, p. 75
(sur les carrières
équestres en Mésie Supérieure). Le
même nom est porté par un optio
de la légion VIII
Augusta
à Lambèse, CIL, VIII, 2554
(Dessau, ILS,
2445), mais il est peu probable qu'il s'agisse du même
individu.
Cohors I Aquitanorum: cohorte attestée vers 70
et au IIe siècle en Germanie
Supérieure. Elle pouvait se trouver temporairement en
Bretagne lors de
la campagne de Septime Sévère et, selon
Brunšmid, pour la construction des
remparts. Cf. Wagner, Dislokation, p. 86 sqq.; J.
Beneš,
Auxilia Romana in Moesia atque Dacia,
1978, p. 16. sq.
La représenatation du rapt de
Corè est assez rare sur les
monuments funéraires, cf. Roscher, Lex.,
s.v. Kore, col. 1376 sqq.;
J.M.C. Toynbee, Greek Myth in Roman Stone, Latomus,
26, 1977,
p. 401. Elle symbolise la violence de la mort qui ravit ses victimes
(cf.
Cumont, Le symbolisme funéraire, p. 95).
La même idée
est exprimée par le rapt d'Europe, dont la
représenatation est également
rare (Toynbee, p. 360; cf. le monument de Šenpeter, J.
Klemenc, Vjesnik
HAD, 5, 1971, p. 17, fig. 2). L'idée de la
renaissance symbolisée par
le mythe de Corè; set soulignée par la
représentation des Dioscures comme
symbole des deux hémisphères célestes,
et de la succession constante du jour
et de la nuit, de la mort et de la renaissance (Cumont, p. 80).
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