Vol. II

VIMINACIUM ET MARGUM



IMS2coverLe présent volume II des INSCRIPTIONS DE LA MÉSIE SUPÉRIEURE comportant les inscriptions de Viminacium et de Margum constitue d'une certaine manière le point culminant de notre série. C'est le plus volumineux des trois fascicules parus (I, IV, et VI) et des deux autres en préparation et l'un des plus importants puisqu'il se rapporte principalement à la cité de Viminacium qui fut la capitale de la province et l'un des plus grands camps militaires sur le Danube.

Viminacium devait sa prospérité à sa position favorable sur la grande artère qui reliait l'Italie et le moyen Danube à la Dacie, d'une part, aux provinces grecques des Balkans et à l'Orient, de l'autre. La première garnison romaine vint s'y installer probablement durant les préparatifs de la guerre contre les Daces. Après la conquête de la Dacie, l'agglomération civile qui s'était formée au voisinage du camp prit de l'importance et fut dotée par Hadrien du statut de municipe. Sous Gordien, la ville fut élevée au rang de colonie. Un atelier monétaire, l'unique en Mésie Supérieure, y fut alors ouvert, dont l'activité se prolongea pendant seize ans. En tant que camp militaire et point stratégique, Viminacium attira les visites de plusieurs empereurs. Sa garnison joua un rôle important dans les luttes pour le pouvoir au cours du IIIe siècle. C'était une grande ville jusqu'au milieu du Ve siècle lorsqu'elle succomba une première fois aux attaques des Huns. Mais elle se redressa et ne disparut à jamais qu'au début du VIIe siècle.

Quoique relativement peu exploré — nous ne connaissons pour le moment que ses nécropoles et des traces de ses édifices — Viminacium a livré un nombre assez considérable de monuments épigraphiques. La plupart ont trait à l'armée qui y était stationnée à partir des dernières décennies du Ier siècle et jusqu'à la fin de l'Antiquité, particulièrement à la legio VII Claudia et à ses détachements. Centre administratif et militaire, Viminacium fut aussi une ville commerçante où affluaient les étrangers. Quelques beaux spécimens de stèles funéraires, comme on n'en trouve pas ailleurs dans la province, ainsi que des inscriptions mentionnant des riches donations à la caisse municipale, révèlent un milieu qui connut l'aisance et le luxe. Malheureusement, ce volume comprend aussi un nombre écrasant de menus fragments dont le seul intérêt est de nous montrer combien les restes de la ville morte ont eux-mêmes souffert des dectructions au cours des siècles postérieurs.

Aux inscriptions de Viminacium nous avons joint, dans ce même fascicule, l'épigraphie plus modeste de Margum, ville située à l'est de Viminacium, sur l'embourchure de la Morava. Les inscriptions assez nombreuses encastrées dans la forteresse médiévale de Smederevo, située encore plus à l'ouest, proviennent de l'une de ces deux villes, sans que leur provenance puisse toujours être établie. Aussi leur présentation dans un même volume nous a-t-elle paru indispensable. D'autre part, contrairement à notre plan primordial, nous avons dû renoncer, pour des raisons pratiques, à inclure dans ce volume les inscriptions du limes danubien en aval de Pincus, frontière orientale du territoire de Viminacium, dans la crainte que le volume, déjà assez grand, ne prenne des dimensions démésurées. Le matériel du limes qui constitue une entité à part, sera compris dans le fascicule III, avec les inscriptions de la région du Timok (Aquae, Timacum Minus, Ratiaria). Le croquis de la répartition des volumes donné en frontispice a été modifié en ce sens.

Fanoula Papazoglou

Belgrade, juin 1986.