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Vol. III/2

TIMACUM MINUS ET LA VALLÉE DU TIMOK



IMS3-2coverLe présent volume, cinquième par ordre de parution de notre série INSCRIPTIONS DE LA M ÉSIE SUP ÉRIEURE, n'embrasse pas tout le Nord-Est de la province, comme nous l'avions projété dans notre plan primordial (v. Avant-Propos du vol. I). Des difficultés imprévues nous obligèrant à procéder à la répartition du vol. III en trois fascicules: le présent fasc. III, 2, regroupant les inscriptions de la valée du Timok (Ravna, Gamzigrad); le fasc. III, 1, qui couvrira le limes danubien en aval de Viminacium jusqu'à la frontière bulgaro-yougoslave, et le fasc. III, 3, réservé à la communauté romaine de Ratiaria, à l'extrémité Nord-Est de la province (aujourd'hui en Bulgarie). La préparation de ce dernier volume, confiée aux collègues bulgares M. Velizar Velkov et Mme Vasilka Gerasimova, a dû être suspendue il y a quelques années à cause de événements politiques qui rendirent impossibles nos contacts. Survint en plus, en 1994, la mort prématurée de notre honoré collègue Velkov, coup funeste pour l'enterprise dont le regretté avait la responsabilité. Tutefois, malagré ces circonstances défavorables, nous ne perdons pas l'espoir qu'un jour ou l'autre les inscriptions de Ratiaria paraîtrons dans notre série.

Sans vouloir m'attarder sur la situation anormale dans laquelle se trouve notre pays voilà déjà quatre ans, je crois de mon devoir d'expliquer le grand retard avec laquel paraît le présent ouvrage. En effet, alors que les volumes précendénts de la série se succédaient à intrevalles presque réguliers de 3 ou 4 ans (1976, 1979, 1982, 1986), neuf années se sont écoulées depuis la parution du dernier volume (Viminacium et Margum). Les multiples obstacles auquels nous nous sommes heurtés au cours de ces années, avaient pour cause principale la crise politique et économique, la guerre, la blocade. N'était la tenacité de l'auteur, son zèle plein d'abnégation, ce livre n'aurait jamais pu être mené à bon terme.

A la différence des fascicules antérieurs, le présent recueil couvre un territoire sur lequel il n'y avait pas de communautés municipales. Les inscriptions s'organisent ici autour de deux sites de caractère spécifique. La grande majorité des inscriptions proviennent du castelum de Ravna, la forteresse la plus importante et la mieux explorée de la province, qui abritait de la fin du Ier au IVe siècle des cohortes auxiliaires ayant comme tâche principale la surveillance des mines dont abondait la région et la sécurité des transports des métaux vers la Danube. Le second site, la forteresse du Bas-Empire Gamzigrad, jouit ces dernières années d'une célébrité mondiale, grâce aux résultats impressionnants des fouilles menées avec ardeur, plus le trente ans, par notre éminent archéologue M. Dragoslav Srejoviæ. Les inscriptions y sont rares, comme il est de règle à la basse Antiquité. On ne peut pourtant ne pas évoquer ici l'heureuse découverte du nº 114 qui nous a fourni le nom du site: c'était Romuliana, le lieu de naissance de Galère, qui l'a dénommée d'après sa mère Romula et reconstruit en un magnifique palais impérial.

Vu le caractère de ces localités, l'archéologie tient dans ce volume une place beaucoup plus importante que dans les autres secteurs de la province. Plus qu'ailleurs la description et l'appréciation des monuments archéologiques constituent ici la base de l'interprétation des inscriptions. Aussi, est-ce vraiment une chance que M. Petar Petroviæ, chargé des fouilles de Ravna et Directeur de l'Institut arcéologique, ait pu s'acquitter pendant toutes ces pénibles années des travaux qui lui incombèrent à la suite des fouilles et des découvertes, lesquelles, malgré tout, n'ont pas cessé.

En présentant ce volume au public, nos pensées vont à notre grand prédécesseur NIKOLA VULIÆ (1872-1945), qui fut le premier investigateur de Ravna et dont nous commémorons cette année-ci cinquantième anniversaire de sa mort. Fondateur des recherches archéologiques et épigraphiques en Serbie, qu'il éleva par sa stricte méthode à un niveau européen, Vuliæ nous légua un énorme héritage épigraphique. Les références à ses travaux dans presque chaque page du présent volume montrent combien est grande notre dette envers cet insigne savant.

Fanoula Papazoglou

Belgrade, juillet 1995.