Comme nous
l'avons annoncé dans l'Avant-propos du 1er
volume
des INSCRIPTIONS DE LA MÉSIE
SUPÉRIEURE, l'ordre de publication des six
volumes qui constitueront notre Corpus ne correspondra pas à leur
numérotation.
Le volume IV que nous présentons aujourd'hui au public couvre la partie
centrale et sud-est de la province, dans laquelle Naissus, la patrie de
Constantin, tenait une place éminente. Il n'y a que deux autres centres
urbains qui nous soient connus dans ce secteur: Remesiana, la ville de
St
Nicétas, et Horreum Margi, ville au nom évocateur de la fertilité de la
région.
Par l'étendue du terrioire qu'il embrasse, ce fascicule
aurait
dû être l'un des plus volumineux de la série. S'il n'en est pas ainsi,
et si
le nombre des inscriptions qui y ont été recueillies n'atteint qu'à
peine
les 144, y compris les milliaires et l'instrumentum, l'insuffisance de
l'exploration
n'en saurait être la seule cause. En effet, il convient de rappeler que
la vallée des deux Moravas, qui traverse notre région du Sud au Nord, a
servi au cours des siècles de voie de pénétration aux nombreuses bandes
barbares qui déferlaient vers le Sud et aux autres envahisseurs, non
moins
nombreux, qui pénétraient dans l'un ou l'autre sens, de sorte que les
dévastations
y ont été plus fréquentes et plus profondes que dans le reste de la
province.
D'autre part, de ce qui a survécu à l'Antiquité et au
Moyen
âge, beaucoup a disparu dans des constructions de l'époque turque,
particulièrement
à Naissus, où la grande forteresse turque a englouti une quantité
considérable
de pierres antiques. Ces pertes peuvent rendere compte du nombre
restreint
des monuments conservés. Elles ne peuvent pourtant nous expliquer le
manque
de toute agglomération urbaine dans la valée de la Morava du Sud,
problème
qui demeure sans réponse actuellement. Quant aux régions montagneuses
qui
constituent une bonne part du territoire embrassé par ce volume, on a
l'impression qu'elles n'avaient qu'une population assez rare, parsemée
dans les villages, et qui n'a laissé que peu de vestiges.
Le mode de présentation des inscriptions dans le
présent fascicule
est identique à celui que nous avions adopté pour le premier volume, à
cela
près que, vu l'impossibilité d'établir les limites des unités
administratives
romaines dans le cadre de notre région, nous avons été obligés à
concevoir
une classification différente des textes épigraphiques, ce qui a
entrainé
aussi une modification du plan de l'introduction historique. Les
inscriptions
sont groupées géographiquement en cinq discrits, hormis les bornes
milliaires
et l'instrumentum, qui font un ensamble à la fin du volume. La partie
historique
se conforme à ce schéma. Elle comporte d'abord trois chapitres (Voies
et
agglomérations, Armée, Population) concernant toute la région, puis
des chapitres consacrés à chacun des cinq districts. Comme dans le
premier
volume, ces développements ont pour but la mise en valeur de la
documentation
épigraphique à la lumière des sources littéraires et des données
topographiques
et arhéologiques. Compte tenu de l'indigence des sources écrites, cette
deuxième catégorie d'information revêt dans le présent volume une
importance
toute particulière.