Vol. VI

SCUPI ET LA RÉGION DE KUMANOVO



IMS6coverAux deux fascicules déjà parus des INSCRIPTIONS DE LA MÉSIE SUPÉRIEURE, vol. I et vol. IV, nous joignons maintenant un troisième, le volume VI de la série. Il couvre la partie la plus méridionale de la province qui comprenait le territoire de la colonie de Scupi et la région adjacente de Kumanovo.

Fondée sous la règne des Flaviens, Scupi fut la plus ancienne des communautés mésiennes dotées de la citoyenneté romaine et, probablement, le seule colonie créée par la déduction de vétérans légionnaires. Son épigraphie porte la marque de cette origine et se distingue de celle des autres villes de la province qui connurent une romanisation plus tardive et où le droit de cité fut introduit par d'autre voies. Elle commence à une date relativement haute, la bonne chance nous ayant fait parvenir des épitaphes de deducticii du dernier quart du Ier siècle de notre ère, et révèle une population composée, dans une très large mesure, d'immigrés romains. Le centre urbain de la colonie, situé à 5 km environ à l'ouest de la ville moderne de Skopje, n'a été, malherausement, que très peu exploré. Mais, les inscriptions retrouvées un peu partout dans la région de Skopje montrent que les colons s'y étaient dispersés dans des villages sur toute l'étendue de la plaine, jusqu'aux montagnes qui assignaient une limite naturelle au territoire de la colonie.

La région de Kumanovo constitue une unité géographique et économique à part, bien délimitée. Sa situation administrative à l'époque romaine nous demeure inconnue. Le structure sociale de la population telle que les inscriptions nous permettent de l'entrevoir, différait essentiellement de celle de la colonie et on est en droit de croire qu'une bonne partie de cet espace était occupée par des grandes propriétés ou un domaine impérial. Le principal intérêt des inscriptions de la région de Kumanovo réside dans les stations douanières et les sanctuaires qu'elles nous font connaître.

Pour ce qui concerne la présentation des textes épigraphiques et la conception de l'Introduction historique, nous renvoyons les lecteurs aux préfaces des volumes I et IV, où sont exposés les principes de l'édition, auxquels nous n'avons eu rien à changer. Nous nous sommes appliqués à ce que ce volume s'harmonise autant que possible avec les précédents.

Fanoula Papazoglou,

Belgrade, juin 1982